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Il y a des chances pour que Kurumada et Araki se soit inspirée, mais
très vaguement, de cette toile (en bon fan japonais de "La Liberté guidant
le peuple" qu'ils sont )

Ce tableau fut exécuté en 1822 et est conservé au Louvre (bah voui à nous
les trésors héhé ). Dans ce sujet, Delacroix voulait déconcerter le public
avec ses figures imposantes et leurs expressions de grande souffrance
pychologiques. Dans son roman autobiographique "Corine", qui avait enflammé
le peintre, Madam de de Staël avait loué le pouvoir d'imagination bizarre et
visionnaire de dante, le qualifiant d' " Homère des Nouveaux Temps". Debout
dans une barque, Dante entreprend son voyage aux enfers. Dans le 5ème
cercle, où les colériques et les envieux font pénitence, l'écrivain doit
passer le marais fangeux du styx s'il veut parvenir à Dité, la cité
infernale (la 5ème prison de Saint seiya la représente). La vue de ses
compatriotes florentins, captifs du limon (en référence à l'exil forcé de
Dante en 1302 suite à une petite révolution politique à Florence), déclenche
chez lui une vive affliction et une grande compassion. Comme s'il cherche
une protection, il s'appuie de son bras gauche sur le poète romain Virgile
qui le guide à travers les cercles de l'enfer et le Purgatoire pour parvenir
à l'au-delà. Enveloppé dans une cape marron et coiffé d'une couronne de
lauriers, le poète dégage une sérénité souveraine. La barque est conduite
par Phlégyas ( ). Son dos musculeux, son vêtement bleu claquant dans la
tempête et les corps puissants et contorsionnés des damnés dont l'un à
l'extrême gauche s'accroche à la barque au moyen de ses dents.......enfin
bref tout cela exprime un combat bestial et un désespoir existentiel. On
ressent l'influence de Michel-Ange, Rubens et Jordaens dans le traitement
des figures et des masses musculeuses sans oublier cette lumière
crépusculaire digne des toiles de Géricault.
Baudelaire écrivit un jour à propos de cette oeuvre:
Il y avait dans Eugène Delacroix beaucoup de sauvage; c'était la partie la
plus précieuse de son âme, la partie vouée toute entière à la peinture de
ses rêves et au culte de son art. Il y avait en lui beaucoup de l'homme du
monde; cette partie-là était destinée à voiler la première et à la faire
pardonner.
Le rapprochement avec Saint Seiya est intéressant à titre culturel j'entend
(même si Phlégyas est présent)
Le temple divin n'est pas pour l'égyptien un lieu de prière et de
recueillement à l'inverse de nos cathédrales. C'est un endroit fermé et
réservé à un personnel privilégié choisie pour veiller sur la divinité et
aider à maintenir la cohésion du monde. Le spectre Pharaon a été choisi par
Hadès pour être le protecteur privilégié de cet endroit fermé, pareil à une
prison... . L'organisation d'un temple reflète celle de l'univers qui émerge
du chaos originel. Chaque dieu est préservé de ce désordre au plus profond
du temple, protégé par des salles successives d'accès illicite et
contrôlé... .
Le grand temple d'Abou-Simbel de Ramsès II (1290-1224) de la XIXème dynastie
a servi de modèle pour cette seconde prison. Elle fût creusée en l'an 26 du
règne de ce Pharaon et consacrée en 34 par l'ajout de reliefs peints à
l'intérieur. Jugez par vous-même^^ :

(Merci à Vincent sans
pseudo pour l'image d'Abou Simbel ^^)
Situé à 270 kilomètres au Nord d'Assouan, il fût construit sur la rive
occidentale du Nil entre la première et la seconde cataracte, en Basse-Nubie.
C'est un temple majeur rupestre (ou spéos) aux proportions surhumaines et
consacré à Ré-Hokhakhty, à Amon et à Ramsès II divinisé. La façde de 30
mètres de haut est taillée dans la falaise qui reproduit l'image d'un pylône
(entrée monumentale dans un temple divin) précédé de 4 colosses de 20 mètres
de haut (comptez un mètre pour une oreille ou un nez!).
Dans Hadès, les
statues sont entières alors qu'en réalité l'un d'eux est très endommagé.
Chacune d'elle représente le souverain assis assistant au lever du soleil à
l'horizon, formant ainsi une symbiose entre l'art et la nature.
Découvert en 1813, il fût sauvé, par l'intermédiaire de l'UNESCO entre 1963
et 1968, de la montée des eaux en raison de l'érection du barrage Nasser et
fût déplacé de 210 mètres en aval par 900 hommes. L'édifice est en quelque
sorte "revenu" du monde des morts et tient un rôle adéquat dans la série
Hadès... .
Une fois le "pylône" (sa forme fait penser à ces entrées monumentales des
temples divins) franchit, on pénètre dans une cour avant de passer par la
salle d' accueil à 8 piliers auxquels s'adossent des colosses de 10 mètres
du roi debout, bras croisés, tenant les insignes pharaoniques que sont le
sceptre et le fouet, coiffé au sud de la couronne blanche et au nord du
pschent :

On entre ensuite dans la salle hypostyle, véritable forêt de piliers
typiquement égyptien. Cette "jungle" de colonnes végétales évoque un part de
la fécondité de la terre mais aussi le marais servant de refuge au jeune
Horus, prototype du futur pharaon poursuivit par son oncle Seth. Dans le cas
présent, cette salle ne dispose que de 4 piliers de section carré. Puis
vient le sanctuaire, le Saint des saints, bref le naos où est enfermée la ou
les divinités concernées. la salle qui précède le naos (pronaos) à ses murs
recouverts de scènes peintes de batailles qui glorifient la victoire à
Qadesh de Ramsès II sur les Hittites en 1279 avant notre ère......en réalité
ce n'était pas une guerre mais juste une escarmouche qui se conclua en
semi-échec pour Pharaon mais qui fut transformé et enjolivé par des méthodes
prolélythistes de prêtres zélés.
Toutes ces pièces sont creusées dans la roche comme de vastes hypogées. Le
fait de construire en creusant relève du goût de l'impossible et de
l'imagination.......d'où le choix de Kurumada d'en faire une prison réputée
inviolable avec un cerère qui n'a strictement pas sa place dans ce type de
monument. La profondeur générale de cet édifice est de 55 mètres de long.
La fonction de ce temple est multiple: il servait à la fois de borne
officielle de l'entrée en terre égyptienne, de chambre forte pour les butins
et les tributs de guerre, de lieu de divinisation du couple royal et de
centre d' exaltation à la fertilité... .
A côté du temple de Ramsès II se trouve un autre spéos de taille plus
réduite et consacré à la reine Néfertari.
Bronze attribué à Scopas. Première moitié du IVe siècle ACN. British Museum
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Damien HAVARD-dit-DUCLOS
(D's©)
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